Ziguinchor : le HCDH renforce les capacités de prise en charge des victimes de violences basées sur le genre
le HCDH renforce les capacités de prise en charge des victimes de violences basées sur le genre

À Ziguinchor, le Haut‑Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest, via le Projet d’appui à la protection des enfants victimes de violations de leurs droits (PAPEV), a remis, le mercredi 22 juillet 2026, un important lot d’équipements au centre d’accueil Kullimaro, dédié à la protection des femmes et des filles victimes de violences basées sur le genre. Bien plus qu’un simple appui matériel, ces équipements tracent la voie d’une réhabilitation durable et contribuent concrètement à la protection et à la promotion des droits économiques et sociaux de ces femmes et de ces filles.

Des fauteuils roulants pour rejoindre l’hôpital sans souffrir. Des ventilateurs pour mieux supporter la canicule. Des kits de dessin pour apaiser un esprit meurtri. Un réservoir de 5 000 litres pour dire adieu au manque d’eau. Autant d’objets simples qui, au centre Kullimaro de Ziguinchor, changent le cours d’un quotidien longtemps marqué par la violence. En facilitant l’accès aux soins, à un cadre de vie stable et à des activités porteuses d’avenir, ces équipements contribuent chaque jour à la dignité et à l’autonomie des résidentes.

C’est dans ce lieu, géré par la Plateforme des femmes pour la promotion de la paix en Casamance, que le Bureau régional du HCDH pour l’Afrique de l’Ouest (HCDH‑BRAO), à travers le PAPEV, a mis à disposition ce matériel essentiel au parcours de réhabilitation des résidentes. Cette action, soutenue par l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), traduit une volonté commune de renforcer l’autonomie et la dignité des femmes et des filles accueillies.

Une réhabilitation pensée dans sa globalité

Structure intégrée de protection et de prise en charge, le centre Kullimaro accueille des filles et de jeunes femmes victimes de violences basées sur le genre, notamment de mariages forcés et de violences conjugales. Pour Benjamin Moreau, représentant régional adjoint du HCDH_BRAO, ces équipements traduisent une ambition qui dépasse largement le simple appui logistique.

« Notre objectif est de promouvoir une réhabilitation véritablement holistique de ces jeunes femmes : juridique, médicale, psychologique et économique, pour leur permettre de reprendre une vie qui avait été brutalement interrompue par des violences inacceptables. »

Cette approche holistique repose sur trois piliers indissociables : la protection juridique et l’accès aux droits, l’accompagnement psychosocial et médical pour surmonter les traumatismes, et enfin la réinsertion économique, par des formations préparant les résidentes à un emploi ou à la transformation de produits locaux.

À travers ce projet, l’objectif du HCDH ne se limite pas à répondre à des besoins ponctuels : il s’agit de promouvoir un modèle de prise en charge globale des victimes de violences, conçu pour être pérennisé et progressivement repris en charge par les services publics, afin d’en garantir la durabilité au-delà de l’appui des partenaires techniques et financiers.

Un tremplin vers la réhabilitation, salué par les acteurs de terrain

Cette étape a été suivie d’une séance de sensibilisation réunissant les acteurs du centre, l’occasion d’échanger sur les défis liés à la prise en charge des filles victimes de VBG et de recueillir des recommandations pour améliorer la qualité des services offerts.

Du côté de la Plateforme des femmes pour la paix, le message est sans ambiguïté : « Ce soutien matériel est d’une très grande utilité. Il contribue directement à la dignité des personnes que nous accueillons. »

Une synergie au service des droits fondamentaux

En unissant leurs efforts autour du centre Kullimaro, le HCDH et la Plateforme des femmes pour la promotion de la paix en Casamance rappellent une conviction commune : la protection des droits humains se construit aussi dans les détails du quotidien. Un fauteuil qui roule, un souffle d’air, une feuille et des crayons, autant de gestes qui, mis bout à bout, tracent le chemin d’une réinsertion sereine pour des femmes et des filles déterminées à reprendre le cours de leur vie et à faire valoir pleinement leurs droits économiques et sociaux.