CADHP : le HCDH appelle à un système des droits de l’homme plus cohérent, où mécanismes régionaux et internationaux se renforcent mutuellement, pour une protection et promotion plus efficaces des droits de l'homme
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Dakar, 12 octobre 2026. À l’ouverture de la 89ᵉ session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme par la voix du Représentant Régional du HCDH, Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest M. Ayéda Robert Kotchani,  a salué les avancées de la Commission sur le droit à l’assainissement et sur les droits des travailleurs de l’économie informelle. Dans un contexte d’espace civique restreint, il a plaidé pour une meilleure coordination des recommandations des mécanismes régionaux et internationaux, afin que les normes se traduisent par des changements concrets pour les titulaires de droits. 

Lisez l'intégralité du discours

  • Excellence, M. le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux de la République du Sénégal, Me Moussa Sarr
  • Honorable Président de la CADHP, Idrissa Sow,
  • Honorables Membres de la CADHP,
  • Distingués Délégués Représentant/es des États membres de l’Union africaine,
  • Représentant/es des Institutions nationales des droits de l’homme, de la société civile, des partenaires internationaux et des Nations Unies,
  • Excellences, Mesdames et Messieurs,
  • Chers partenaires professionnels des media,
  • Distingués participant/es,
  • En vos titres et grades, dans le respect de tout protocole.

C’est un honneur de prendre la parole à l’occasion de la 89ᵉ Session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples au nom du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

Cette Session se tient à une période marquée par des anniversaires d’une importance particulière, à savoir : le 40ᵉ anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ; le 60ᵉ anniversaire de l’adoption des Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques ainsi qu’aux droits économiques, sociaux et culturels ; le 20ᵉ anniversaire de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ; et le 20ᵉ anniversaire de l’adoption de la Convention relative aux droits des personnes handicapées ainsi que de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.

Si ces commémorations appellent à la fois à la reconnaissance des progrès accomplis et à un engagement renouvelé, force est de reconnaitre que dans toutes les régions, les institutions et les défenseurs des droits de l’homme exercent leurs activités dans un environnement de plus en plus difficile, marqué, dans de nombreux contextes, par des restrictions de l’espace civique, des attaques visant les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes, ainsi que par des formes persistantes de discrimination. Le moment n’est donc pas à la complaisance. Il exige au contraire de préserver les acquis obtenus, de renforcer les institutions bâties au fil des décennies et de veiller à ce que les droits de l’homme demeurent au cœur des décisions publiques.

Le thème de l’année 2026 de l’Union africaine, « Garantir une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs afin de réaliser les objectifs de l’Agenda 2063 », met pleinement en lumière cette responsabilité. L’eau et l’assainissement ne constituent pas seulement des priorités de développement ; ils sont des droits humains fondamentaux et des conditions essentielles de la dignité, de l’égalité, de la santé et de la participation.

Pour le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, la question fondamentale est de savoir si les progrès réalisés profitent effectivement à celles et ceux qui sont le plus souvent laissés pour compte : si les services sont disponibles, accessibles, abordables et sûrs ; si les femmes et les filles peuvent utiliser les installations d’assainissement sans être exposées à des risques ; si les personnes handicapées peuvent y avoir accès ; si les communautés participent aux décisions relatives à leurs ressources en eau ; et si des mécanismes efficaces de reddition des comptes sont en place et opérationnels lorsque ces droits ne sont pas respectés.

Les travaux de la CADHP sont directement et hautement pertinents au regard de ces défis. L’élaboration de Lignes directrices sur le droit à l’assainissement en Afrique, avec une attention particulière portée aux femmes et aux filles, peut contribuer à traduire les obligations découlant de la Charte en orientations concrètes. Les travaux continus de la Commission sur l’article 24 de la Charte africaine peuvent également permettre de préciser davantage les dimensions des droits humains liées à la dégradation de l’environnement, à la pollution et aux changements climatiques. Le Haut-Commissariat demeure prêt à soutenir ces processus, selon qu’il conviendra et à la demande de la Commission.

Nous saluons également les travaux de la Commission relatifs à la protection des droits des travailleurs de l’économie informelle, notamment l’élaboration de lignes directrices et de lois types dans ce domaine. Le Haut-Commissariat se félicite d’avoir été invité à contribuer à ce processus. Ces initiatives témoignent de la capacité constante du système africain des droits de l’homme à répondre aux lacunes émergentes en matière de protection au moyen de normes ancrées dans les réalités du continent.

Ce leadership régional est en outre renforcé par une coopération accrue avec le système des droits de l’homme des Nations Unies. Les deux systèmes disposent de mandats distincts mais complémentaires, et un renforcement de leur collaboration peut contribuer à consolider les priorités communes, à réduire les risques de fragmentation et à appuyer la mise en œuvre des engagements au niveau national.

 

Your Excellency, 

Ladies and Gentlemen,

The ideas developed above are in perfect harmony with the spirit of the Global Alliance for Human Rights launched by the High Commissioner in June this year. The Alliance is a global mobilization intended to bring together actors across regions, sectors and generations around concrete action for human rights in the lead-up to the 80th anniversary of the Universal Declaration of Human Rights in 2028. African institutions, States, National Human Rights Institutions and civil society have an essential contribution to make to that effort not as recipients of a global agenda, but as partners shaping it.

 Yet standards and cooperation will ultimately be judged by concrete implementation on the ground in favor of our populations.

Recommendations from the African Commission and the African Court matter when they are acted upon. Recommendations from United Nations treaty bodies, the Universal Periodic Review and Special Procedures matter when they inform national measures, budgets, laws, policies and institutional practice. State reporting is most valuable when it forms part of a continuous national process of implementation, monitoring, and follow-up.

A recurring challenge is fragmentation. States may receive recommendations from several mechanisms, but these are often contained in separate reports and followed through separate processes, even when responsibility for implementation lies with the same national institutions.

One established tool that can help reduce this fragmentation and make the complementarity of United Nations human rights recommendations more visible is the Universal Human Rights Index. The Index brings together observations and recommendations from treaty bodies, the Universal Periodic Review and Special Procedures and allows them to be searched by country, theme, affected group and SustainableDevelopment Goal.

The National Recommendations Tracking Database can complement this by helping States and national mechanisms organize recommendations, assign responsibilities and track follow-up over time. Importantly, recommendations from regional human rights mechanisms can also be imported into the database. These tools do not replace State-led implementation. They can support it by making recommendations easier to organize, compare, and follow.

OHCHR has already discussed these tools with Member States, National Human Rights Institutions, civil society and the African Commission, including through a dedicated briefing to Commissioners in December 2025. We remain ready to continue such briefings and technical exchanges with African Union human rights bodies, Member States and national stakeholders where useful.

At the just concluded NGO Forum, OHCHR is working with the African Centre for Democracy and Human Rights Studies to strengthen engagement with African and United Nations mechanisms. We are creating opportunities for African perspectives to inform the work of the UN Committee on Economic, Social and Cultural Rights on economic, social and cultural rights in situations of armed conflict. We are also continuing to support implementation of the Addis Ababa Roadmap between African Union and United Nations human rights bodies.

And through our discussions with States, National Human Rights Institutions, civil society and the Commission, we are seeking African perspectives on how the Global Alliance for Human Rights can be shaped by the priorities and experience of this continent.

These are different entry points, but they all serve one objective: a more coherent human rights system in which regional and international mechanisms reinforce one another and support effective national implementation.

As I conclude, I wish to underscore that while we mark these anniversaries, our shared task is to deepen cooperation between our mechanisms and ensure that the standards and commitments developed over decades translate into practical change for rights-holders.

OHCHR remains firmly committed to the partnership with the African Commission, the African Court, States Parties, National Human Rights Institutions and civil society.

Thank you for your kind attention.