Le 26 octobre 2026, le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH-BRAO) a accueilli une rencontre réunissant la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), l’Organisation nationale de coordination des activités de vacances (ONCAV) et la plateforme IMPACT, consacrée à l’opérationnalisation de leur convention tripartite signée le 21 septembre 2026.
L’objectif est clair : transformer les engagements institutionnels en une feuille de route commune, avec des actions concrètes et mesurables en faveur de la jeunesse, du sport, de l’éducation aux droits humains, de la citoyenneté et de l’inclusion. Quarante (40) participants, dont 15 femmes ont pris part à cette importante activité.
À quelques jours de l’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, les échanges ont mis en lumière un enjeu majeur : faire du sport un espace où les droits humains ne sont pas seulement proclamés, mais pleinement respectés et effectivement garantis. À l’ouverture des travaux, le Représentant régional du HCDH M. Ayeda Robert Kotchani a rappelé les liens intrinsèques entre sport et droits humains, soulignant que la pratique sportive doit promouvoir l’égalité, la non-discrimination, le respect et la participation. Chaque jeune, fille ou garçon, doit pouvoir pratiquer le sport de son choix en toute sécurité, s’épanouir et contribuer pleinement à la vie de sa communauté.
Un appel à agir face à la recrudescence des violences dans le sport
La Présidente de la CNDH Pr Amsatou Sow Sidibé a profité de cette tribune pour alerter sur la recrudescence préoccupante des violences au sein du mouvement sportif. Elle a rappelé l’urgence de renforcer la responsabilité des acteurs, l’encadrement des pratiques sportives et les mécanismes de prévention et de protection. Le sport ne peut remplir pleinement sa mission éducative et sociale si les violences, les discriminations et les atteintes à la dignité y trouvent leur place.
Bien encadré, le sport constitue au contraire un puissant levier d’inclusion, de fraternité et de cohésion sociale. Il peut contribuer à prévenir les violences, à promouvoir le respect mutuel et à renforcer la citoyenneté active. Le respect des droits humains et leur effectivité doivent ainsi constituer le socle des activités destinées aux jeunes, aussi bien dans les espaces sportifs que dans les communautés.
Le mouvement Navétanes : une force de proximité à mobiliser
L’ampleur du mouvement Navétanes offre, à cet égard, un potentiel considérable. Selon les chiffres présentés par le président d’IMPACT M. Mamadou Sy Tounkara, ce mouvement rassemble plus de 8 900 associations et 300 000 licenciés. Grâce à l’ancrage territorial des Associations sportives et culturelles (ASC), il touche les quartiers urbains, les faubourgs et les villages les plus reculés du Sénégal. Cette présence de proximité en fait un relais essentiel pour sensibiliser les jeunes, diffuser les valeurs de citoyenneté et promouvoir des comportements respectueux des droits humains.
L’enjeu est désormais de mobiliser cette capacité d’action collective au-delà de la compétition sportive. Les associations, les dirigeants sportifs, les encadreurs et les jeunes eux-mêmes peuvent contribuer à faire des terrains de sport des espaces d’apprentissage, de dialogue, de prévention des violences et de lutte contre les discriminations. Faire du mouvement sportif un acteur de l’éducation aux droits humains, c’est transformer sa force de mobilisation en un engagement durable au service des communautés.
Des JOJ pour un héritage durable en faveur de la jeunesse
Dans cette perspective, les organisations du mouvement associatif des jeunes ont un rôle déterminant à jouer. Leur mobilisation peut favoriser une participation plus inclusive, renforcer les initiatives citoyennes et faire vivre les valeurs olympiques dans les quartiers, les écoles et les communautés. L’ambition est de faire des JOJ Dakar 2026 bien plus qu’un événement sportif : une occasion d’accélérer la construction d’un environnement où chaque jeune peut participer, s’exprimer et évoluer sans violence ni discrimination.
À travers cette dynamique partenariale, la CNDH, l’ONCAV, IMPACT et le HCDH entendent définir un cadre opérationnel partagé, précisant les priorités, les responsabilités, les activités et les mécanismes de suivi des actions conjointes. La feuille de route attendue devra permettre de passer des engagements à des interventions coordonnées, dont les résultats pourront être suivis et évalués.
Le message central est que la réussite des JOJ Dakar 2026 ne se mesurera pas uniquement aux performances sportives, mais aussi à leur capacité à laisser un héritage durable en matière de droits humains, de prévention des violences, d’inclusion et de citoyenneté. Faire du sport un espace sûr, accessible et respectueux de la dignité de chacun est une responsabilité collective et un investissement essentiel dans l’avenir de la jeunesse sénégalaise et africaine.
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